FORA’ESS • 2e édition • Dakar 2026

Déclaration finale

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Retrouvez ici le contenu des Actes du FORA’ESS Dakar 2026, consultable directement sur le site.

ANNEXES 1.

Déclaration finale du 2ième Forum Africain de l’Économie Sociale et Solidaire (FORA’ESS, Dakar 2026) Dakar, du 06 au 09 juillet 2026 « L’économie sociale et solidaire : moteur de transition, d’inclusion et de convergence en Afrique » Nous, représentants des Gouvernements des États participants, des gouvernements locaux, des institutions publiques, des acteurs et ré- seaux nationaux, régionaux et continentaux de l’Économie Sociale et Solidaire, des organisa- tions de la société civile, des organisations de jeunesse et de femmes, des représentants de la diaspora et des afro-descendants, des parte- naires techniques et financiers, des institu- tions de recherche, du monde universitaire ainsi que du secteur privé engagé, provenant de plus de trente-deux (32) pays d’Afrique et d’autres régions du monde, réunis à Dakar (République du Sénégal), du 6 au 9 juillet 2026, à l’occasion du Deuxième Forum Africain de l’Économie Sociale et Solidaire (FORA’ESS 2026), Considérant la Résolution 77/281 adoptée par la 77ème session de l’Assemblée Générale des Nations Unies, relative à la promotion de l’Eco- nomie sociale et solidaire au service du déve- loppement durable, encourageant les Etats Membres à promouvoir et à mettre en œuvre des stratégies, des politiques et des pro- grammes nationaux, locaux, régionaux visant à appuyer et favoriser l’économie sociale et solidaire en tant que modèle possible de déve- loppement économique et social durable ;

Considérant la Résolution concernant le tra- vail décent et l’économie sociale et solidaire adoptée en juin 2022 lors de la 110ème session de la Conférence internationale du Travail, dotée d’une stratégie et d’un plan d’action de mise en œuvre (2023 – 2027), invitant les gou- vernements et les partenaires sociaux à instau- rer un environnement propice qui soit en adé- quation avec la nature et la diversité des enti- tés de l’économie sociale et solidaire afin de promouvoir le travail décent et d’exploiter toutes les possibilités qu’offrent ces entités pour contribuer au développement durable et aux entreprises durables, conformément aux normes internationales du travail ;

Considérant le fait que Dakar 2026 marque le passage d’une Afrique qui reconnaît l’Éco- nomie sociale et solidaire à une Afrique qui la met en œuvre. Notre ambition est claire : faire de l’ESS le moteur d’une croissance inclusive, de l’emploi des jeunes, de l’autonomisation des femmes, de la souveraineté sociopolitique et économique ainsi que de la transformation structurelle du continent.

Saluant l’engagement de l’Union Africaine par sa stratégie décennale (2023-2033) sur l’économie sociale et solidaire, accompagnée d’un plan de mise en œuvre à l’échelle du continent, visant à légitimer, soutenir et déve- lopper l’Economie sociale et solidaire dans les Communautés économiques régionales, et à contribuer à la mise en œuvre de l’Agenda so- cial 2063 de l’Union africaine : « l’Afrique que nous voulons » ;

Considérant qu’il a été convenu lors de la pre- mière édition du FORA’ESS 2024 tenu à Yaoun- dé en 2024, que les pratiques africaines d’Éco- nomie sociale et solidaire, nourries sur la base des traditions de solidarité, de cohésion so- ciale, de réciprocité, de primat de la personne, du travail et des ressources naturelles, consti- tuent un creuset d’innovations sociales per- mettant de réinventer des économies territo- riales viables ;

Réaffirmons l’engagement de positionner le FORA’ESS comme un mécanisme panafricain qui œuvre au renforcement de la connais- sance, la reconnaissance et la représentation de l’Économie Sociale et Solidaire partout en Afrique en vue de mieux profiter de son poten- tiel d’innovations et de résilience ;

Engageons les Gouvernements centraux et locaux, les acteurs et réseaux de l’Économie sociale et solidaire, et les organisations de la société civile, à œuvrer à la structuration d’une véritable politique africaine de l’Économie Sociale et Solidaire qui servira de boussole à l’Union Africaine et aux Etats africains pour la définition et la mise en œuvre de politiques publiques en matière de développement de l’Économie Sociale et Solidaire ;

Saluant l’engagement des États africains à mettre en place un mécanisme interafricain d’harmonisation des politiques publiques en matière d’économie sociale et solidaire ;

Considérant que la reconnaissance et la valo- risation de l’Economie sociale et solidaire passe par l’adoption de cadres juridiques na- tionaux adaptés, le renforcement de la posi- tion institutionnelle des ministères ESS, le soutien et l’accompagnement à la profession- nalisation des acteurs, la mise en œuvre de mécanismes innovants et soutenables de fi- nancements, le partage des bonnes pratiques, la promotion de la convergence inter secto- rielle, inter- acteurs et multi- scalaires ;

Considérant la volonté des acteurs africains de l’Economie sociale et solidaire de promou- voir les échanges d’expériences, de connais- sances et de soutenir la création des réseaux nationaux et internationaux d’économie so- ciale et solidaire ; Soulignant la nécessité de mettre en place des dispositifs de production de connaissances basées sur des données probantes en vue de documenter les pratiques ESS ; Sommes convenus de ce qui suit : 1.

Affirmons le droit des populations afri- caines à vivre dans une Afrique stable, intégrée et prospère et à profiter des innombrables ressources dont dispose le continent dans un monde plus équitable, plus solidaire et plus juste ; 2.

Convenons d’organiser, tous les deux ans, dans un pays du continent, le Forum Africain de l’Economie sociale et solidaire pour parta- ger les pratiques, les expériences, les poli- tiques et les visions, à travers la collaboration et la coopération pour contribuer à la renais- sance et à la souveraineté africaines mais aussi à l’avènement d’une économie humaine an- crée dans les territoires ; 3. Reconnaissons l’Economie sociale et soli- daire comme un levier de redynamisation des économies territoriales et de territorialisation

ANNEXES des ODD viables, socle d’un développement endogène ; 4. Nous nous engageons à co-construire des alliances entre acteurs de l’Economie sociale et solidaire, collectivités territoriales, secteur public, secteur privé et le monde de la re- cherche- formation autour d’un écosystème favorable à la consolidation et à l’expansion de l’ESS en Afrique ; 5.

Invitons les États africains à s’approprier et à opérationnaliser la Stratégie décennale de l’Union africaine (2023-2032) comme feuille de route commune pour bâtir une économie afri- caine plus inclusive, résiliente, souveraine et créatrice d’emplois décents. 6. Encourageons les autorités compétentes à assurer une convergence des législations et dispositifs sectoriels autour d’un mécanisme unifié rattaché au ministère de l’Économie sociale et solidaire ; 7.

Recommandons la création d’un comité consultatif des Ministres en charge de l’Écono- mie sociale et solidaire, chargé d’assurer le pilotage politique du FORA’ESS, de promou- voir l’harmonisation des politiques publiques, de favoriser les échanges d’expériences, de coordonner les initiatives continentales et d’assurer le suivi de la mise en œuvre de la présente Déclaration ; 8.

Encourageons les États à adopter une légis- lation spécifique sur l’ESS, à élaborer ou actua- liser une stratégie nationale de l’ESS alignée sur la stratégie continentale et assortie d’un plan d’investissement, à développer des ins- truments adaptés de financement et d’accom- pagnement soutenus par des indicateurs de performance plurielle et d’un mécanisme de suivi. 9.

Encourageons la création d’une banque panafricaine de financement de l’ESS autour de la structuration des chaînes de valeur et le développement de plateformes logistiques, mobilisant l’Union Africaine, les États, les banques publiques de développement, les institutions financières, les partenaires tech- niques et financiers, les investisseurs à impact, les fondations et le secteur privé ; 10.

Encourageons les États à renforcer dura- blement l’accès des acteurs de l’ESS aux finan- cements en renforçant la structuration et les capacités des organisations, en soutenant les intermédiaires financiers spécialisés, en mobi- lisant la commande publique, l’épargne de la diaspora et les investissements à impact, et en mettant en place des dispositifs harmonisés de mesure d’impact permettant de mieux orien- ter les financements vers les initiatives à forte valeur sociale, économique et environnemen- tale 11.

Encourageons la mise en place d’outils d’animation (observatoires, chaires ESS, incu- bateurs ESS, plateformes, réseaux, pôles terri- toriaux…) dans tous les pays africains ratta- chés à l’observatoire panafricain de l’ESS pro- mu par le FORA’ESS en vue de bâtir une plate- forme continentale de capitalisation et de par- tage facilitant l’apprentissage, la coopération ; 12. Recommandons aux États, en lien avec l’écosystème d’acteurs de co- construire et de co- produire un compte satellite de l’Économie sociale et solidaire permettant de garantir une

meilleure connaissance de sa part contributive aux économies territoriales et nationales ; 13. Encourageons les États, les gouverne- ments locaux, le secteur privé et les organisa- tions de l’économie sociale et solidaire à adop- ter des référentiels communs ainsi que des outils harmonisés d’évaluation de la perfor- mance plurielle des dynamiques d’Economie sociale et solidaire ; 14.

Recommandons à l’Union africaine et aux États, en lien avec leurs instituts nationaux de statistique et développer des outils compte satellite de l’Economie sociale et solidaire per- mettant de mesurer sa part dans le Produit intérieur brut, afin d’objectiver son impact économique et d’orienter les axes de dévelop- pement de l’ESS à moyen et long terme ; 15.

Invitons les États africains à favoriser la mise en place d’observatoires de l’Économie sociale et solidaire, avec l’appui du FORA’ESS, comme plateforme de production d’évidences scientifiques, de capitalisation d’expériences, d’échange de bonnes pratiques, de confection d’outils adaptés de suivi- évaluation et de ges- tion de dynamiques ESS ; 16. Encourageons la mise en place d’incuba- teurs de l’économie sociale et solidaire à sou- bassement Citoyenneté Bâtisseuse en pers- pective de l’Incubateur Panafricain GOUMI déjà validé à Yaoundé ; 17.

Encourageons la mise en place d’une Aca- démie africaine de l’Économie Sociale et Soli- daire chargée de la formation des décideurs publics, des élus locaux, des chercheurs, des entrepreneurs sociaux et des responsables des organisations de l’ESS, Académie articulée autour d’un Réseau africain des universités, centres de recherche et chaires spécialisées en Économie Sociale et Solidaire afin de renforcer la production de connaissances, l’innovation sociale et la coopération scientifique ; 18.

Encourageons l’élaboration de méca- nismes africains de labellisation, de certifica- tion et de normalisation des produits et ser- vices issus de l’Économie Sociale et Solidaire afin de renforcer leur compétitivité sur les mar- chés africains et internationaux ; 19. Encourageons l’institutionnalisation d’une Semaine africaine de l’Économie Sociale et Solidaire organisée simultanément dans tous les États africains afin de promouvoir les bonnes pratiques, les innovations, les partena- riats et la visibilité du secteur. 20.

Encourageons les acteurs de l’Economie sociale et solidaire à renforcer, d’une part, leurs pratiques professionnelles pour mieux améliorer les produits et services offerts dans un marché de plus en plus concurrentiel et, d’autre part, leur pouvoir de dialogue, de né- gociation et de plaidoyer d’influence des poli- tiques publiques ; 21.

Encourageons les Gouvernements à sou- tenir la structuration des acteurs de l’Econo- mie sociale et solidaire en réseaux territoriaux, nationaux et continentaux et à garantir un système de protection sociale extensive pour les acteurs de l’Economie sociale et solidaire ; 22. Recommandons aux Etats africains de créer ou de renforcer des Conseils Nationaux, Agences ou autres mécanismes institutionnels dédiés à l’économie sociale et solidaire, afin d’assurer une gouvernance efficace, une

ANNEXES meilleure coordination des politiques pu- bliques et un dialogue permanent entre les pouvoirs publics et les acteurs de l’ESS ; 23. Recommandons de placer les jeunes et les femmes au cœur de la transformation écono- mique de l’Afrique, en leur réservant un accès prioritaire à la formation, au financement, aux marchés, à l’innovation sociale et à l’entrepre- neuriat collectif ; 24.

Recommandons aux Etats et aux struc- tures faîtières d’Economie sociale et solidaire de promouvoir systématiquement la forma- tion tant dans les établissements nationaux que dans les instituts et Universités afin de soutenir la dynamique de professionnalisation de l’Economie sociale et solidaire ; 25. Recommandons aux États africains et aux gouvernementaux locaux d’accompagner et de renforcer les expériences de transition agroécologique, énergétique, digitale portées par les Organisations d’Économie sociale et solidaire ; 26.

Encourageons les gouvernements locaux à renforcer un écosystème territorial favorable à l’Economie sociale et solidaire et à impliquer davantage les acteurs de l’Economie sociale et solidaire dans les dynamiques territoriales de gouvernance et de développement ; 27. Recommandons aux États africains de mettre en place, à l’échelle nationale, un mé- canisme formel de coordination entre collecti- vités territoriales, ministères sectoriels et ins- tances continentales, afin de traduire la Straté- gie ESS de l’Union africaine ; 28.

Recommandons aux collectivités territo- riales de développer un réseau africain d’incu- bateurs territoriaux de l’ESS ; 29. Recommandons la territorialisation de la politique publique d’ESS en collaboration avec les collectivités territoriales, les pôles territo- riaux, les réseaux d’acteurs, les chaînes de va- leur locales et les achats publics responsables ; 30.

Invitons les gouvernements locaux à créer des instances formelles de participation ci- toyenne dans la gouvernance des ressources et services essentiels associant les organisa- tions de l’Economie sociale et solidaire à la co- construction des politiques publiques locales ; 31. Recommandons de renforcer la participa- tion des jeunes et des femmes aux instances de gouvernance de l’ESS, notamment à travers des dispositifs dédiés d’incubation, de finance- ment et de mentorat ; 32.

Encourageons le renforcement des initia- tives portées par les gouvernements locaux ainsi que par les réseaux continentaux, natio- naux et territoriaux, 33. Recommandons de connecter les initia- tives existantes : plateformes, réseaux, incuba- teurs et pôles territoriaux de l’ESS, pour bâtir un écosystème africain de coopération, d’in- novation et de prospérité partagée. 34.

Recommandons le renforcement de l’au- tonomisation des femmes passe par la dota- tion des territoires en infrastructures solari- sées de stockage, de conditionnement, de transformation, de commercialisation des produits locaux, la mise à disposition des fi- nancements structurants et adaptés, l’accès

aux ressources productives (foncier, eau, éner- gie, information sur les marchés…) 35. Encourageons la valorisation des langues africaines ainsi que des détenteurs de savoirs endogènes tout en renforçant les ressorts de transmission intergénérationnelle des savoirs, des compétences, des savoirs-être et savoirs- faire au cœur des pratiques d’économie so- ciale et solidaire ; 36. Encourageons le développement de sy- nergies entre la diaspora, les afro-descendants et les initiatives d’Economie Sociale et Soli- daire dans les territoires africains ; 37.

Encourageons l’élaboration d’une Charte de gouvernance définissant les conditions et les modalités d’organisation et de fonctionne- ment du FORA’ESS 38. Engageons les États africains à favoriser la mise en place d’un mécanisme annuel d’éva- luation de la mise en œuvre de la Déclaration de Dakar, présenté lors des prochaines édi- tions du FORA’ESS et des instances compé- tentes de l’Union africaine. Fait à Dakar, le 09 juillet 2026